DECRYPTAGE

Yayoi
Cette séduisante figure hiératique dont la coiffe impeccable évoque la beauté intemporelle des geishas ou des princesses égyptiennes du nouvel empire ne cesse d'intriguer... Le titre est déjà une véritable énigme !  Je me suis alors installé devant l'écran de mon ordinateur pour que Wikipédia m'informe que "La période Yayoi ou ère Yayoi (弥生?) est une subdivision traditionnelle de l'histoire du Japon qui commence vers 400 av. J.-C. et se termine vers 250 ap. J.-C.  ". Peu satisfait cependant, j'ai décidé de continuer mes investigations et je me suis rendu sur le site du musée Guimet grâce auquel j'ai appris que Yayoi était également un terme désignant le quartier de Tôkyô où les premières pièces attestant de la maîtrise de la fonte du bronze et du fer de cette culture furent découvertes. Marie Pierre Fontaine aurait elle voulu rendre un hommage aux praticiens nippons venus du fond des âges ? Peu convaincu, j'ai du me rendre à l'évidence et admettre que c'est bel et bien direction de Kusama Yayoi que je devais me tourner !En effet, quoi de plus logique que la plasticienne Tourangelle choisisse d'évoquer cette exceptionnelle artiste avant-gardiste excellant aussi bien comme peintre, sculptrice ou écrivaine ?  Née en 1929, la talentueuse japonaise est aujourd'hui une véritable icône de l'art contemporain international. Clin d'œil complice d'une créatrice à une autre, je vous invite à vous joindre à moi pour souhaiter la bienvenue à " Yayoi ", dans l'univers onirique et coloré des galéjades.

 

 
 
Sapienza

La joie c’est un art. La joie c’est un métier dans lequel il faut persévérer, il faut savoir apprécier la beauté du monde quelque soient les évènements.  
L’art de la joie, amis rêveurs, c’est une promesse. L’arte de la Gioia c’est aussi le titre d’un de mes romans préférés. Un hymne à la liberté, à l’insoumission et à l’affranchissement. C’est un livre maudit pour lequel son auteur Sapienza Goliarda a tout sacrifié.
Pendant dix ans, elle a cessé de jouer au théâtre, happée par la nécessité d’écrire cette histoire. Elle a vendu tout ce qu’elle possédait, ses meubles, ses tableaux, Goliarda Sapienza a vécu dans la pauvreté pour se consacrer à ce qui deviendra son chef d’oeuvre. Pourtant en Italie personne ne veut le publier, quand il sort enfin, Goliarda Sapienza est morte depuis deux ans.
Comme le dit Eugène Green : " La sapienza, ce n'est ni le savoir, ni la sagesse mais le savoir qui conduit à la sagesse."
Marie Pierre Fontaine nous remet en mémoire cette précieuse sapienza, le devoir qui est le nôtre et auquel, en dépit de tout, nous n'avons pas le droit de déroger. Puisse le message de l'artiste tourangelle trouver un vaste écho de par le monde...
 
 
Balthazar
 
La spécificité d'une œuvre de commande réside justement dans le fait de détenir une part de mystère auquel n'ont accès que les seuls initiés. Rien ne nous empêche cependant de tenter de décrypter certains éléments qui sont censés nous éclairer. Le titre attribué à l'oeuvre, dans une optique culturelle imprégnée de culture judéo-chrétienne évoque l'un des héros de l'épiphanie. Entre Melchior  le plus âgé et Gaspard le plus jeune, Balthazar est le roi mage porteur de la Myrrhe, gomme produite à partir du balsamier et utilisée à des fins cosmétiques et thérapeutiques.
Un examen plus minutieux des éléments du décor et notamment un caducée et un stéthoscope nous incitent à nous orienter dans cette direction mais les mentions à base de chiffres romains n'aident pas forcément à trouver facilement à quoi cela peut bien correspondre. Plus étonnant encore, la présence d'un papillon entre les jambes de l'équidé n'évoque pas d'épisode connu qui pourrait suggérer une quelconque référence littéraire ou mythologique.
Par ailleurs, la présence de marqueurs plus ou moins cabalistiques allant du trèfle à quatre feuilles au signe de l'infini ne fournissent pas plus d'indications précises.
Toutefois, et après avoir exploré nombreuses pistes, je crois qu'il est cependant possible de découvrir une des clés du jeu de piste en soulignant l'importance d'attacher les unes aux autres, les lettres savamment disséminées par Marie Pierre Fontaine....A vous de jouer....

 

Singes en baptiste

Les " singes de la sagesse " constituent un triptyque symbolique d'origine extrême orientale qui illustre une maxime picturale : Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire qui assure à qui suit ce précepte une vie promise à la quiétude. Il semblerait que l'origine de cette thématique soit à chercher du coté de la Chine. La plus ancienne trace connue figure dans les entretiens de Confucius écrits entre 479 et 221 avant J.C. ; " Devant l'impolitesse, ne pas regarder, ne pas écouter, ne pas parler, ne pas bouger ". Cependant, l'ajout du nom des singes s'avère typiquement japonais. Mizaru désigne l'aveugle, Kikazaru le sourd et Iwazaru le muet. Ces trois dénominations constituent un jeu de mot sur " Zaru " (forme verbale négative ) et " Saru " qui veut dire singe. Les exégèses sont multiples mais on pourrait traduire le message philosophique par : " Il y a ceux qui voient des choses et en parlent, il y a ceux qui ne voient rien, écoutent les autres et en parlent mais aussi, il y a ceux qui entendent et voient des choses et n'en parlent pas ..." L'interprétation la plus typiquement nippone propose : " ne pas vouloir voir ce qui pourrait poser problème, ne rien vouloir dire de ce que l'on sait pour ne pas faire courir de risques et ne pas vouloir entendre afin de pouvoir faire comme si l'on ignorait tout." Marie Pierre Fontaine nous offre sa propre vision de la mythologie asiatique. Elle confère aux trois personnage des allures singulièrement occidentales en leur faisant endosser la panoplie des super héros américains. Kakkö ou Kawaii  ? ? ?

 

Madone Vache qui rit

Jorge : Le rire est un souffle diabolique, qui déforme les linéaments du visage et fait ressembler l'homme au singe.   

Guillaume de Baskerville : Mais qu'y a-t-il de si inquiétant dans le rire ?   

Jorge : Le rire tue la peur, et sans la peur il n'est pas de foi. Car sans la peur du diable, il n'y a plus besoin de Dieu.....

Guillaume de Baskerville : Mais vous n'éliminerez pas le rire en éliminant ce livre.    

Jorge : Non, certes. Le rire restera le divertissement des simples. Mais qu'adviendra-t-il si , à cause de ce livre, l'homme cultivé déclarait tolérable que l'on rit de tout ? Pouvons-nous rire de Dieu ? Le monde retomberait dans le chaos.        

Je crains que rien ne puisse mieux évoquer les problématiques que soulève le travail de Marie Pierre Fontaine que ces quelques lignes extraites du dialogue entre les principaux protagonistes du " Nom de la rose " chef d'œuvre d'Umberto Eco. Il n'y a aucun mot à rajouter ou à retrancher. Tout est dit. La plasticienne tourangelle n'est un danger, une menace que pour ceux qui meurent de peur à l'idée que l'on puisse même sourire à la vie. Alors laissons ces malheureux aux affres de leurs angoisses métaphysiques et savourons ensemble les créations ludiques, gaies et colorées de cette Artiste courageuse qui mérite notre soutien sans failles et notre admiration inconditionnelle.

 

Après-midi au square

Lorsque Maturine, jeune étudiante de 22 ans, interrogea le Professeur Barrias, éminent chercheur lépidoptériste à l'Université de Göteborg pour savoir si effectivement un caméléon posé sur un tissu écossais devenait fou, l'enseignant lui fit cette réponse : "Je ne sais pas du tout, à vrai dire j’ai acheté mon propre caméléon déjà fou, et quand je le pose sur mon kilt les soirs d’hiver, il est toujours aussi fou. Voilà qui ne nous avance pas beaucoup, mais en tout cas mon caméléon s’appelle Gidéon si vous voulez tout savoir. " A son tour, s'étant longuement penchée sur la question, Marie Pierre Fontaine nous livre  le fruit de sa réflexion après une après-midi passée au square. Le résultat est aussi surréaliste que...renversant non ? 

 

Trois cigarettes

Les trois cigarettes...ou le Triclope

Nous savons depuis longtemps l'attrait qu'exercent sur Marie Pierre Fontaine nombre d'animaux sans défense mais ça, c'était hier ! Jusqu'à ce jour nous ignorions que ceux qui en sont pourvus la fascine tout autant. Si je ne me trompe, elle avait jusqu'ici habillé les matous et les chiens, les lièvres et les faons mais cette fois c'est un must. Elle nous propose aujourd'hui un superbe exemplaire de proboscidien aux yeux inoubliables. En les contemplant, certains spectateurs vont y plonger au plus profond et y voir des paysages, des paysans. D'autres découvrirons dans ces regards pleins de charme et de malice en se plaisant à imaginer qu'aucune désastreuse filariose lymphatique ne viendra jamais perturber la vie paisible et débonnaire de cette magnifique créature. En corne, nacre, pierre dure ou tout autre matériaux précieux, les représentations d'éléphants sont légion et forment à travers les siècle une impressionnante procession que vient grossir hardiment ce majestueux triclope.

 

L'Emplumé

S'il fallait rebaptiser Marie Pierre Fontaine, je suggère qu'on lui attribue le nom de "Magimix " ! Comme les robots multifonctions, elle possède de déconcertantes capacités qui l'autorisent à  réaliser simultanément des actions aussi diverses que variées. Elle ne fait pas que mixer ou mélanger, en " blender " de dernière génération, outre hacher, râper, pétrir, émincer ou émulsionner, de nouvelles applications permettent d'infuser, d'étuver, de mijoter et de mitonner de singulières créations ébouriffantes. Marie Pierre Fontaine ne s'interdit rien et c'est ainsi qu'elle réussit à merveille à juxtaposer des références du passé et le plus innovant de la modernité. Chaque spectateur est libre de s'approprier ce qu'il voit mais l'on ne peut en contemplant ce richissime emplumé qu'avoir une pensée pour ses cousins de " Trencadis " du parc Güell. Joser Maria Jujol et le génial Gaudi ne me contrediraient pas ! foi de plumitif...

 

 

Georges

Alors là, je donne ma langue au chat ! ...Mailfert, Pelletier-Doisy, Lienhart, Chemet, Libert, Phelut, Besançon, Legagneux, Flachaire et autres Bellanger me sont parfaitement inconnus et je m'en excuse auprès de leurs proches, amis et parentèle. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, je vous assure ! Après avoir compulsé les répertoires de tous les aviateurs prénommés Georges, à part l'héroïque patron des cigognes, je dois bien avouer qu'aucun illustre ou affreux jojo n'est venu éclairer ma lanterne. Bon, si l'on s'en réfère à Georgius : " Quand les andouilles voleront, tu seras chef d'escadrille, quand elles auront des éperons, tu seras chef d'escadron. Tagada tagada ta ta ta ran ran. Rantanplan ta tagada "...Certes ! ! ! mais je ne suis pas certain que cette importante contribution nous permette d'avancer....Chelon moi, il ne faut pas que l'on se braque ! Allons Marie Pierre, c'est sur, vous nous faites marcher....c'est de pire en pire et le prochain qu'est ce que ça sera ? N'avez vous pas honte de jouer avec Lautner ? Sand, De Caunes et ... il fait froid, je ne vais pas tarder à m'enrhumer et d'ailleurs, pour tout vous dire je commence à avoir mal à la g(e)orge....

 

Amélia

Lady Lindy, alias Meeley est un personnage absolument prodigieux. Avec elle, Marie Pierre Fontaine continue la série de femmes remarquables qu'elle présente régulièrement à chaque exposition. De la Comtesse Greffulhe à la Princesse Bibesco en passant par l'extraordinaire évocation de Marie Marvingt, la plasticienne nous remet en mémoire les parcours hors du communs de ces figures légendaires.

Amélia Earhart, née dans le Kansas en 1897, a disparu quelque part au dessus des îles Kiribati en 1937. Outre le fait qu'elle soit la première aviatrice à avoir traversé l'Atlantique en solo en 1932, elle se comporta en véritable militante de l'égalité homme femme en bousculant les conventions et en revendiquant le droit à ne pas élever ses enfants comme de " gentilles petites filles ". Marie Pierre Fontaine n'est évidemment pas la première à rendre hommage à cette formidable pionnière. Son patronyme fut inscrit au National Women's Hall of fame. Le chef du gouvernement français, Paul Painlevé lui décerna la légion d'honneur et consécration suprême, le nom d'Earhart a été attribué à une des lunes qui gravite autour de Jupiter...

 

Santiag et Perfecto

Depuis longtemps, Marie Pierre Fontaine s'astreint à nous faire la démonstration qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Au fil de la galerie de portraits qu'elle alimente année après année, elle nous invite à nous montrer toujours plus vigilant et à ne pas gober tout cru ce que l'on cherche à nous présenter comme des vérités intangibles. La créatrice nous incite à nous poser les bonnes questions, à aller personnellement regarder, observer, vérifier afin que nous puissions acquérir une vision qui nous soit propre et non pas celles qu'on tente de nous asséner à travers une multiplicité d'écrans de toute nature. 

Un vieil adage disait jadis que l'habit ne fait pas le moine ! En outre, la sagesse des nations nous administrait l'exemple d'un enfant que les habits neufs de l'Empereur ne pouvaient réussir à duper...Nous vivons aujourd'hui dans un environnement de plus en plus socialement codifié. Ce que l'on porte est censé définir ce que l'on est et ce type de classification concourt à diviser une société en communautés, en tribus ou en clans. Certes, cette simplification permet sans doute de trier à bon compte nos semblables en assujettis, en affiliés, en clients, en votants, en cœurs de cible ou en catégories socio-professionnelles. Mais quid de l'individu et donc de l'individualité ?  En quoi la vestiture peut-elle servir d'investiture ? Comment peut-on laisser un quelconque vêtement prendre le pas sur l'essence voire l'essentiel ? Un look motard doit il définitivement faire basculer le premier pèlerin venu dans l'univers des hells angels ? Marie Pierre, avec humilité, nous montre le chemin et se propose de nous faire part de son point de vue artistique en prenant attentivement soin de ne jamais nous l'imposer. Mieux vaut il poser une question ou y répondre ?

 

Marvel house

Décidément, ce qui caractérise Marie Pierre Fontaine est son incroyable éclectisme ! Après s'être interrogée sur les étranges propos du commandant Cousteau concernant les yourtes, elle tourne aujourd'hui son regard en direction d'autres types d'habitats. Elle poursuit son exploration des us et coutumes domestiques d'autres peuplades indo-européennes d'Eurasie en se demandant si les grottes récemment mises à jour par des archéologues de l'Altaï étaient réellement d'antiques antres à Scythes. Son goût pour les refuges et autres tanières habitées trouve-t-il son origine dans sa propre expérience troglodytique ? Sans doute... mais il ne faudrait peut être pas circonscrire la curiosité de la créatrice à ces seules expérimentations personnelles. L'attrait qu'elle éprouve pour tout ce qui touche à l'humain la conduit à s'aventurer bien au delà des territoires connus. Tipi,Cagna, gourbi, ajoupa ou wigwam, tout abri où logent les fils de hutte intéresse la créatrice tourangelle.

Les propos que Mark Twain avaient mis dans la bouche d'Huckleberry étaient censés être un avertissement : " un homme suit Tom " mais l'amour du jeune Sawyer pour la jolie Becky est plus fort que la raison. Au fond, même de grands sages comme Teilhard de Chardin se refugiaient parfois dans des cabanes...  Pour ce qui concerne la merveilleuse cokitch qui sert d'écrin à un migrant monégasque, elle offre à Marie Pierre Fontaine, une nouvelle opportunité de rendre hommage dédie cette fois à une singulière maison...d'édition ! ! !

 

Rocco et ses frères

Mes références culturelles étant des plus limitées, les titres de certaines œuvres de Marie Pierre Fontaine m'apparaissent parfois abstrus voire abscons. Rocco ? non ! pas celui là, je n'y crois pas ! elle n'aurait pas osé....Mais en y réfléchissant bien, il se pourrait peut être que l'artiste dont on sait qu'elle peut parfois se montrer quelque peu provocatrice évoque même allusivement ce puissant italien dont tout un chacun loue l'ardeur avec laquelle cent fois sur le métier il remet son ouvrage. Après tout le pseudonyme de l'étalon ne résulte-t-il pas de l'association de deux personnage joués par Alain Delon : Rocco, le héros du long métrage culte de Visconti et Roch Siffredi , vedette des deux opus de Borsalino. Pourquoi le père formeur du gonzo ( il vient d'ouvrir une académie pour mieux dispenser son enseignement mais qui partage avec le trois bandes un amour pour les belles queues ....de billard, bien évidemment ) ne serait il pas susceptible d'être immortalisé par une œuvre que la plasticienne lui dédierait ?

Cette coquille pourrait parfaitement le protéger d'un probable oubli dans lequel sombre les acteurs s'adonnant à cette spécialité de films d'art. Mais au fait, Belon ? Ne dit-on pas que Casanova en consommait plus de quarante par jour ?.....Soyons raisonnables...Rocco et ses frères : un chef d'œuvre absolu ! Une histoire qui, en vérité, retrace le combat des hommes face à leur destin. L'ange côtoie le démon, qui fréquente la diablesse, elle même déchue par ses propres rêves et qui se métamorphose en martyre. Un drame lyrique où les cinq frères n'ont plus que l'amour des autres et d'eux-mêmes pour vivre et survivre dans un monde étranger  et totalement impitoyable.

 

Magikat

Ce Magikat est majestueux. Il possède ce je ne sais quoi qui le distingue du vulgus pecum. Il semble posséder un air de famille avec un certain " fleurs des Indes " ne serait-ce que dans l'allure  aristocratique. D'autant plus que l'artiste tourangelle a su trouver le truc en l'ornant d'une cape ad hoc.  S'il est vrai que sans Pierre Dac, nous ne connaitrions pas grand chose ni sur les Grands Sârs de l'ancienne tradition hindoue ni sur les spécificités de leur art culinaire. C'est aussi grâce à l'ineffable Joséphin Péladan et à son fameux ouvrage publié en 1888 que nous en savons ( de Marseille évidemment ) un peu plus que si nous en ignorions tout. Nul doute que ce nouvel arrivant va beaucoup plaire. Je suis persuadé qu'il n'y aura pas que moi que ça tente de l'acquérir et que nombreux seraient ravis de crier siamois siamois ....Quoi qu'il en soit, ce Magikat nous conforte dans l'idée que plutôt que d'une belle tête de porc mieux vaut bénéficier d'un beau port de tête.

Ces choses essentielles étant dites, nous remarquerons carrément que ce royal félin n'a rien d'un Sâr cosy.Une fois de plus la plasticienne relève le défi et remporte son pari . C'est magique et ça aussi c'est fait Eric !...Marie Pierre Fontaine rend au mage ce qui lui appartient et confère au personnage la dimension altière qui lui convient et qui nous conduit sémantiquement et géographiquement à évoquer en une même formule kabbalistique les plus éminents tsars et les plus étincelantes stars. Je crois qu'il est grand temps d'arrêter tout ce cirque et d'aller se coucher non ?

 

Deux avenue de la Garenne

D'aucuns s'interrogent sur le titre choisi par Marie Pierre Fontaine pour illustrer ce nouvel amateur de carotte... Nous ayant habitué à la suivre dans son mystérieux jeu de piste, le fait que lesdites carottes appartiennent à la famille des ombellifères serait-il un indice ? Peut-être ! Deux avenue de la Garenne ? D'accord mais dans quelle ville ? Voyons...Tours, ce serait trop évident, trop facile... la Bretagne ? La région parisienne?  pourquoi pas ?  et si c'était une allusion à la Garenne Colombes ? Vite, un petit tour sur le net pour vérifier.

Merci Wikipédia  : À l'origine, la garenne est un espace réservé à certaines espèces de gibier et où les animaux peuvent trouver pâture. Elle a comme précurseur les leporaria romaines (enclos à gibier) et les forestis de l'époque franque (silvae royales où seul le roi a droit de chasse). Initialement non clos (« garenne libre ou ouverte », dite encore « garenne justicière » constituée de bois, taillis ou de bruyères) puis mis en défens (« garenne close ou forcée » par des enclos de murs ou des fossés d'eau), cet espace « garé » et « gardé » voit la prolifération d'animaux, dont les lièvres et lapins. Droit régalien sous les Carolingiens puis droit seigneurial, un seigneur s'y réserve le droit de chasse (avec son ban de garenne, il se réserve surtout le grand gibier, les paysans participant, plus ou moins légalement, à la capture des lapins par filets, lacets, collets ou trappes) ou de pêche, pour les garennes à poisson. Ces espaces réservés féodalement sont généralement à proximité d'une demeure seigneuriale. Me voilà bien avancé ! ! ! et vous...au lieu de ricaner et de vous moquer en toute impunité, vous avez résolu l'énigme ? ? ?

 

I Fratellini

On pourrait pense qu'il s'agit là d'un nom d'artiste,  d'un nom choisi pour la scène ou le spectacle mais il n'en est rien. Les petits frères, héritiers d'une longue lignée d'artistes de cirque, furent les clowns les plus célèbres au monde pendant de longues décennies. Dès 1745, le nom de Fratellini est déjà une référence sur les pistes de nombreux chapiteaux de la péninsule italienne. Saltimbanques, gymnastes acrobatiques, trapézistes, mimes et clowns, depuis plus de deux cinquante ans, les " Fratellini " génération après génération amusent, divertissent et fascinent des populations entières à travers le globe.

Citoyens du monde avant l'heure, ces frères nés pour les uns en Italie, pour les autres à Paris ou à Moscou deviendront de telles vedettes qu'ils inspireront les plus grands créateurs du XXème siècle. De Jean Cocteau à Raymond Radiguet, ils inspireront aussi bien Derain, Dufy que Picasso. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que Marie Pierre Fontaine emboite le pas à ces illustres prédécesseurs et rende à son tour un vibrant hommage à ces "maestri "de l'art circassien

 

Charlélie

ATTENTION ! un train peut en cacher un autre...Les habitués des marchés aux puces et autres foires à la brocante peuvent encore croiser de temps en temps ces panneaux en tôle émaillée qui étaient autrefois implantés à proximité des passages à niveau. Peut être serait il judicieux d'en installer un à l'entrée des expositions d'œuvres de Marie Pierre Fontaine ?

En effet, il convient de bien examiner les créations de la plasticienne avant que de s'imaginer avoir tout observer et tout compris dès le premier regard. L'artiste prend à malin plaisir à égarer le spectateur et à malicieusement l'aiguiller vers de fausses pistes. Il se pourrait également qu'il s'agisse d'une toute autre ambition allant bien au delà de la simple facétie. Et si Marie Pierre Fontaine nous proposait de nous pencher toujours plus attentivement sur ses personnages afin que nous y découvrions une vertigineuse mise en abime ?  Lorsque Victor Hugo nous informe que "déjà Napoléon perçait sous Bonaparte", Verlaine lui répond que dans un rêve familier, l' inconnue  "que j'aime et qui m'aime n'est chaque fois ni tout à fait la même ni tout à fait une autre." L'humain est une matière complexe et Marie Pierre Fontaine, remarquable spécialiste de la psyché, nous en offre une impressionnante démonstration.

Ce Charlélie nous semble proche et familier car il se pourrait bien qu'il soit en réalité le reflet de ce que l'on pourrait découvrir en nous regardant sans fards dans le miroir. Syndrome de personnalité multiple ? trouble dissociatif de l'identité ? Non ! ces mots là sont trop faciles et permettent d'évacuer les choses de façon trop évidente. En tout cas, pour ce qui me concerne, les fils de ces couture me font craquer...

 

           Bleu de Prusse

Guède comme cérulé, turquin,bondi ou cyan. Dragée, charron, layette et autres étrangetés. Ciel, horizon, pervenche, électrique ou pastel. Tiffany, de minuit,canard, barbeau, sarcelle. Infiniment précieux : aigue-marine, saphir et lapis-lazuli. De France ou de Berlin, égyptien ou maya mais aussi outremer, de Prusse ou bien persan . Smalt, denim, givré, j'en passe et des meilleurs. Paon, pétrole ou cobalt, j'en oublie tant et plus indigo et turquoise, de brume, des mers du sud...Enfin il faut citer lavande et azurin, minéral et ardoise, charrette, nuit et marine, à vous de compléter.

Marie Pierre Fontaine est une plasticienne qui propose au public une vision positive, résolument enjouée; colorée optimiste. Quand d'autres nous infligent leurs angoisses et leurs affres, Marie Pierre nous offre et lumière et soleil. Cela ne veut pas dire qu'elle n'ait de bleus à l'âme mais elle a la pudeur de les dissimuler. L'artiste prend grand soin de ne pas nous montrer les ombres effrayantes des nuits d'obscurité. Elle choisit au contraire de singuliers Klein d'œil dont les nuances scintillent dans des champs de bleuets. Artisans et artistes de l'école de Nancy servent de référence à des œuvres inspirées que cette créatrice ne cesse d'inventer. Gallé, Muller ou Daum ne peuvent qu'approuver et quant à Majorelle......

 

Laïka la petite aboyeuse

Laïka est une chienne du programme spatial soviétique et le premier être vivant mis en orbite autour de notre planète. Elle a été lancée par l'URSS à bord d'un véhicule spatial le trois7, un mois après le lancement du  satellite artificiel Spoutnik . Après ces premiers succès, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev exigea le lancement d'un second engin pour le 7 novembre afin de célébrer le 40e anniversaire de la révolution russe. Dans l'urgence, sans étude préalable, Spoutnik 2 fut construit en quatre semaines.

La petite aboyeuse mourut environ 7 heures après le lancement, de stress et de surchauffe, probablement due à une défaillance du système de régulation de température. La vraie cause de sa mort ne fut révélée que plusieurs décennies après la mission. Les versions qui subsistèrent jusqu'aux révélations du docteur Dimitri Malachenkov en 2002 affirmaient qu'elle était morte en consommant de la nourriture empoisonnée qui avait été préparée pour lui éviter de souffrir de la chaleur lors du retour du vaisseau. Par ailleurs, on pensait jusqu'alors que Laïka était restée vivante quatre jours dans l'habitacle de l'engin spatial. La capsule  se consuma le  en rentrant dans l'atmosphère terrestre.

Malgré la mort de Laïka, l'expérience prouva qu'un être vivant pouvait survivre à une mise en orbite autour de la Terre. La mission Spoutnik 2 prépara le terrain pour le vol spatial de Youri Gagarine en fournissant aux scientifiques les premières données sur les réactions des organismes vivants dans l'espace. L'hommage réalisé par Marie Pierre Fontaine restitue admirablement le caractère poignant de ce formidable jalon qui à peine une douzaine d'années après allait permettre à l'homme de poser un pied sur la lune.

 

Tel Quelle

L'étymologie est une discipline de la linguistique qui cherche à établir l'origine formelle d'une unité lexicale que l'on appelle généralement un mot. S'appuyant sur des lois de la phonétique historique, l'étymologie fait également appel à l'évolution sémantique des termes envisagés. Le chien saucisse originaire d'Allemagne était depuis longtemps utilisé pour traquer les blaireaux qu'ils réussissaient à déloger de leurs terriers. Les blaireaux étant  désigné sous le vocable" Dachs ", tout naturellement, le chien spécialisé dans leur chasse fut baptisé " Dachselhund ".  Si l'appellation anglo-saxonne a conservé les racines germaniques ( dachshund ), les allemands utilisent un mot plus proche des consonance du français : Dackel.  Aux Etats Unis, le basset court sur pattes est considéré comme un pur produit autrichien et porte la dénomination de Wiener dog.

Si on lui connait de nombreuses robes unicolores ou bicolores, il existe aussi une variété dite " Arlequin " cependant le coloris choisi par Marie Pierre Fontaine ne semble pas avoir encore été enregistré par les instances internationales définissant les critères de  l'animal en question. Serait-ce l'ingestion des  différentes bestioles figurant sur son curieux pelage qui serait à l'origine de cette teinte pour le moins surprenante ? La question reste posée...

 

Apocalypso

L'extrême raffinement de ses vêtements pourrait nous faire croire que ce personnage appartient à la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes. Ces dignes représentants d'une mode vestimentaire  souvent qualifiée de néo-dandysme dépensent des fortunes auprès des plus grands couturiers pour pratiquer au plus haut degré l'art de la Sapologie.

Né après les indépendance au Congo-Brazzaville puis s'étant ensuite propagé au Congo-Kinshasa, ce courant a fait des émules sur toute la planète notamment au Brésil et dans les Caraïbes. Plus encore que la biguine, le zouc ou le merengue, c'est au son d'une musique issue de Trinidad et Tobago que les sapeurs viennent en boîte pour faire admirer leur garde robe somptueuse. Bien qu'il soit assez proche du mento jamaïcain, le calypso s'en distingue à la fois par son rythme et ses compositions. Dès le début des sixties, il se fait connaitre aux Etats Unis par l'influence qu'il exerce sur le ska. Une décennie plus tard, une nouvelle variante de mélange des rythmes africains et des musiques européennes émerge sous la dénomination de " soca ". 

Calypso, terme originellement féminin qui s'est masculinisé en 1960 devient rapidement synonyme des nuits antillaises torrides et tropicales où se développent des atmosphères étouffantes lourdement parfumées d'un érotisme moite.

                                                       Ou bien alors.......

De toute éternité, Les provençaux ont une relation à la nature très charnelle. La pêche comme la chasse sont des activités auxquelles ils accordent une place particulièrement importante. Ils connaissent la valeur d'une grive ou d'une bartavelle et ils savent la douleur d'une piqure de méduse comme la fragilité de l'épiderme d'un mérou.

En 1956, la palme d'or du festival de Cannes vint récompenser le moyen métrage de 2500 mètres intitulé " le monde du silence ". Si ce premier film en couleur révéla les fonds marins de la Méditerranée à des milliers de spectateurs à travers la planète, cela ne fut nullement une découverte pour les compatriotes de Calendal. Eux, en usagers responsables des ressources, faisaient preuve d'un immense respect et donc d'une gestion raisonnée des richesses prodiguées par la mare nostrum.

Pour réaliser des images spectaculaires, l'auteur du documentaire oscarisé l'année suivante n'hésita pas à organiser des massacres de requins, à lacérer des cachalots, à condamner des tortues marines en les empêchant de remonter respirer et alla jusqu'à faire exploser des récifs de corail à l'aide de dizaines de kilos de dynamite....

                                                                                      Ou bien alors...

  "Les  Bonnets rouges" est un mouvement de protestation apparu en Bretagne en octobre 2013 en réaction aux mesures fiscales relatives à la pollution des véhicules de transport des marchandises et aux nombreux plans sociaux touchant les salariés du secteur de l'agroalimentaire. Cette mobilisation massive pour la sauvegarde des emplois et contre l'écotaxe a pris une ampleur considérable a déstabilisé le gouvernement, au point de conduire le Premier ministre à annoncer, en moins de deux mois, une grande réforme fiscale et un " Pacte d'avenir pour la Bretagne ".

Après deux immenses manifestations de masse à Quimper et à Carhaix qui furent émaillés d'incidents d'une rare violence, la lutte s'est prolongée sous d'autres formes et notamment par la création d'un collectif nourris par de multiples comités locaux.

Le couvre chef fièrement arboré par ce fier représentant armoricain ne laisse aucun doute quant à une revendication assumée du tempérament libertaire qui puise loin dans les racines des siècles passés une incapacité atavique à se soumettre aux diktats d'une autorité émanant des plus hautes instances jacobines.

                                                                ou bien alors...

La " Calypso " est le fameux bateau océanographique de Jacques-Yves Cousteau, avec lequel celui-ci fit de l'exploration scientifique maritime du 24 novembre 1951 jusqu'en janvier 1996. C'est à son bord que le navigateur et son équipe voyagèrent sur toutes les mers et océans du globe. Le navire, internationalement  connu grâce à de nombreux documentaires diffusés sur des réseaux télévisés dans le monde entier, avait été baptisé du nom de Calypso en hommage à la nymphe de la mer de la mythologie grecque. Une barge entra accidentellement en collision avec le dragueur de mines qui coula dans le port de Singapour, un an avant la disparition de son célèbre commandant. Renflouée, l'épave fut convoyée en France en catastrophe.

Après avoir passé un certain temps à flot dans le port autonome de Marseille, la coque fut remorquée vers le bassin des chalutiers du Musée maritime de La Rochelle où après restauration, elle était supposée accueillir une exposition. Une longue série de mesures juridiques et autres chicanes liées aux droits de succession a ensuite empêché tout début de travaux de restauration.

Le portrait saisissant réalisé par Marie Pierre Fontaine nous interpelle et nous fait partager son indignation. Le titre choisi s'avère pertinent et nous ne pouvons qu'être d'accord avec elle en déplorant amèrement que cette remarquable aventure se termine bel et bien en un lamentable fiasco apocalyptique.
           

                                                                              Ou bien alors...

Jacques-Yves Cousteau, né le 11 juin 1910 à Saint-André-de-Cubzac, en Gironde, et mort le 25 juin 1997 à Paris, est un officier de la Marine nationale française puis un explorateur océanographique. Surnommé "le commandant Cousteau ", il est connu pour avoir perfectionné le principe du détendeur qui a favorisé le développement de la plongée sous-marine.

Ses aventures en tant que pacha de la Calypso ainsi que ses séries télévisées ont permis au grand public de découvrir d'inédites images des fonds marins. Son film intitulé ' le monde du silence " pour lequel il décroche la Palme d'or au Festival de Cannes montre Cousteau et son équipage portant le bonnet rouge qui deviendra un ornement emblématique. Ce bonnet est une référence à l'uniforme des anciens bagnards de Toulon qui étaient fréquemment " désignés volontaires " pour des interventions hasardeuses en scaphandre " pieds lourds". L'année 1957 voit Jacques-Yves Cousteau être élu à la direction du Musée océanographique de Monaco et être admis à la National Academy of Sciences. 

Sa légende savamment entretenue outre atlantique l'aidera à obtenir l'oscar du meilleur film documentaire en 1965. Durant les années qui vont suivre, il ne va cesser d'être couvert d'honneur et de récompenses. Il reçoit successivement le "Pahlavi Prize " du programme des Nations Unies pour l'environnement puis le Palmarès mondial des 500. Il devient Officier de l'Ordre du Mérite maritime, est lauréat du prix de l'Académie des sports pour en 1985 se voir décerné par le Ronald Reagan, la médaille présidentielle de la liberté. Enfin, le 24 novembre 1988, il est élu à l'Académie française. 

Les travaux des historiens nous révèlent aujourd'hui une facette bien moins reluisante du personnage. Nous nous contenterons de citer quelques lignes d'une missive écrite par Jacques-Yves Cousteau à Philippe Talliez, le premier mai 1941 : "Ici, nous n'avons toujours pas de logement. Nous sommes actuellement campés dans un petit pavillon d'une pension de famille sur la Corniche. Ce n'est pas gai pour Simone, mais il n'y aura d'appartement convenable que "quand on aura fichu à la porte tous les ignobles youtres qui nous encombrent".......

                                                                               Ou encore ....

Marie Pierre Fontaine est une artiste dont la subtilité n'a d'égal que le talent. Nul mieux qu'elle ne sait véhiculer un message sous-jacent d'une rare violence sous des dehors les plus apparemment affables. Elle nous en administre une nouvelle fois la preuve à travers encore son portrait perspicacement titré " Apocalypso " ! Son personnage d'apparence inoffensive et joviale donne l'illusion d'une représentation sympathique et laudative.

Il faut toutefois ne pas se contenter de cette lecture au premier degré. Lisez " Le lièvre de Patagonie "   de Claude Lanzmann pour y découvrir l'autre coté du miroir d'un de ceux qui figurait régulièrement dans le classement des personnalités préférées des français. La mer, l'exploration sous marine, c'était lui ! Les mérous, les baleines, les fonds marins, c'était lui !  Cousteau aimait les algues et les poissons mais beaucoup moins les hommes surtout s'ils étaient musulmans ou juifs...

Lanzmann, réalisateur du documentaire intitulé " Shoah "  fut d'abord journaliste. Il fut chargé d'écrire comme nègre le récit d'une plongée effectuée sous la direction du célèbre commandant de la Calypso. Je vous invite à parcourir attentivement les pages écrites par Lanzmann sur la réalité de ce qu'était effectivement la vénérée icône télévisuelle, incarnation en carton pâte d'un écologisme de façade et tout comme moi vous aurez, en contemplant l'œuvre de Marie Pierre Fontaine, le sentiment de ce qu'est l'intelligence, la pertinence et la sagacité. Le nez rouge au milieu du visage du clown ou le bonnet du même coloris sur la tête de l'ignominieux auteur de :" Ne t'en fais pour l'appartement, les juifs sont raflés, nous n'aurons que l'embarras du choix".  Le monde du silence, vous connaissez ?

 

                                                         Et pour finir .....

Etymologiquement, apocalypse est la transcription d'un terme grec signifiant "dévoilement" ou sous un aspect plus strictement religieux  " révélation". Le mot s'est chargé au fil des siècles d'une série de connotations et de travestissements qui l'ont éloigné de son sens d'origine pour devenir synonyme  aujourd'hui d'une cataclysmique fin du monde aussi massive que définitive.

Dans les temps les plus anciens, c'étaient aux prophètes  qu'était dévolu le rôle d'annoncer les signes avant coureurs des menaces qui mettaient en péril l'avenir de l'humanité. Ils étaient en charge de dénoncer les dangers dans lesquels nous étions susceptibles de basculer et dès lors; ils avaient pour vocation de nous informer et de nous mettre en garde. La terminologie à la mode parle aujourd'hui de lanceurs d'alerte mais plutôt qu'en direction des experts tous plus éminents les uns que les autres ne devrions nous pas plutôt nous tourner vers les artistes pour connaitre et apprécier comme il se doit la clairvoyance de leur vision du monde ? 

 Marie Pierre Fontaine ne se dérobe pas. Elle est là et contre vents et marées, elle poursuit sa mission avec autant de ténacité que d'obstination. Des algues vertes qui polluent sa chère Bretagne au trou dans la couche d'ozone, de la fonte des glaciers à la déforestation de l'Amazone, les alertes ne manquent pas. Inutile de chercher ailleurs le coupable. Le seul responsable, c'est l'homme ! l'homme et son incapacité à se satisfaire de ce qu'il possède, l'homme et son éternelle avidité, l'homme qui depuis toujours privilégie AVOIR plutôt qu'ETRE...

En 1859, Thomas Austin, un britannique du sud de l'Australie et nostalgique de son pays, importe de Grande-Bretagne douze couples de lapins. Cinquante ans plus tard, on en compte six cent millions....Apocalypse ?  Merci Marie Pierre ...

 

Miss Bunny Parker 

L'attrayante nymphette en tenue aussi légère qu'estivale évoque irrésistiblement le charme trouble de l'égérie tropézienne des années 50 et 60. Symbole d'une jeunesse frivole et faussement ingénue, on croit déceler, outre les trompeuses apparences, les reflets mal dissimulés de failles dangereuses et inquiétantes. Marie Pierre Fontaine nous offre une nouvelle fois l'exemple d'une singulière dualité. Elle nous incite à aller voir plus profondément et plus loin que la simple vision d'une Lolita censément innocente et séductrice. Au delà de l'aspect superficiel peuvent se cacher nombre de tourments et de vieux démons. La plasticienne sait admirablement nous restituer toute cette angoissante fragilité, elle connait par cœur les recettes permettant d'équilibrer parfaitement le délicieux et le vénéneux, le sucré et l'acide. Dès lors, on pressent que l'affriolante Bunny n'est pas promise à un parcours tout tracé et sans embûches. Elle pourrait bien un jour se retrouver derrière les barreaux voire même pire...

 

Niaf le lapin d'équinoxe

Proche cousin des précédents " Chahut et Rigodon ", ce lapin revêtu des ses plus beaux atours évoque l'esprit festif qui préside aux bruyantes et colorées célébrations carnavalesques qui sont encore en vigueur  jusque dans les plus petites cités du nord de la France. Marie Pierre Fontaine a toujours voulu rendre hommage à ces moments de joie et de gaieté où une foule bigarrée, hétéroclite et chamarrée partage d'intenses moments de liesse populaire. Il est des œuvres qu'on fait tôt et d'autres qu'on ne réalise que plus tardivement. le loup arboré par ce bambocheur en habit de lumière ne suffit pas à dissimuler l'incroyable regard halluciné de ce noctambule en goguette. Même s'il se fait tard, l'agnynois est décidé à tenir jusqu'au petit matin pour maintenir dignement avec les autres cordonniers la tradition locale qui  chaque année, au mois de septembre, transforme le minuscule village en métropole planétaire de la nouba, de la bringue, de la bombance et de la ribouldingue.

 

 

M&M's

Pendant la guerre civile espagnole, les soldats avaient l'habitude d'enrober des morceaux de chocolats de sucre pour éviter qu'ils ne fondent à cause de la chaleur. Forrest Mars, qui se trouvait à ce moment en voyage en Espagne revient aux États-Unis avec cette idée et crée les M&M's au début des années 1940.. En 1941, les M&M's font le bonheur des soldats américains envoyés au front en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils leur sont vendus comme confiserie facile à transporter dans leurs tubes en carton.

Vers la fin des années 1940, les M&M's sont commercialisés et, en 1948, les emballages carton deviennent des sachets encore employés au xxie siècle.

En 1950, les M&M's sont devenus très populaires grâce à l'essor de la télévision et prennent définitivement leur place dans les foyers de millions d'Américains.Sur le marché français, les M&M's furent d'abord connus sous le nom de Bonitos mais eux deviendont rapidement connus sous l'appellation Treets de 1955 jusqu'en 1986. On pourrait alors penser que le titre de cette " galéjade " fait directement référence à la vivacité des coloris qui ornent ce surprenant félin. Il n'en est rien ! Marie Pierre Fontaine nous indique la direction vers laquelle il convient de tourner nos regards : la Bretagne ! Plus encore que les coquilles ou l'hippocampe, ce sont les silhouettes des marins sur le ciré jaune qui nous conduisent à évoquer l'inspirateur de l'œuvre, le talentueux lamballais Mathurin Méheut.

Pendant la guerre civile espagnole, les soldats avaient l'habitude d'enrober des morceaux de chocolats de sucre pour éviter qu'ils ne fondent à cause de la chaleur. Forrest Mars, qui se trouvait à ce moment en voyage en Espagne revient aux États-Unis avec cette idée et crée les M&M's au début des années 1940.. En 1941, les M&M's font le bonheur des soldats américains envoyés au front en Europe lors de la Seconde Guerre mondiale. Ils leur sont vendus comme confiserie facile à transporter dans leurs tubes en carton.

Vers la fin des années 1940, les M&M's sont commercialisés et, en 1948, les emballages carton deviennent des sachets encore employés au xxie siècle.

En 1950, les M&M's sont devenus très populaires grâce à l'essor de la télévision et prennent définitivement leur place dans les foyers de millions d'Américains.Sur le marché français, les M&M's furent d'abord connus sous le nom de Bonitos mais eux deviendont rapidement connus sous l'appellation Treets de 1955 jusqu'en 1986. On pourrait alors penser que le titre de cette " galéjade " fait directement référence à la vivacité des coloris qui ornent ce surprenant félin. Il n'en est rien ! Marie Pierre Fontaine nous indique la direction vers laquelle il convient de tourner nos regards : la Bretagne ! Plus encore que les coquilles ou l'hippocampe, ce sont les silhouettes des marins sur le ciré jaune qui nous conduisent à évoquer l'inspirateur de l'œuvre, le talentueux lamballais Mathurin Méheut.

 

Le Crapoteux

L'avantage de l'artiste sur le quidam lambda c'est qu'il possède toute la légitimité requise pour faire valoir son opinion. Il est de sa mission de nous faire connaître, si ce n'est la vérité au moins SA vérité. Marie Pierre Fontaine ne se dérobe pas et accomplit courageusement son devoir. Elle nous soulage de nos éventuels tourments en pourfendant  sans sourciller le nœud inextricable qui attachait le joug au char du roi de Phrygie. Peut-on déboulonner la statue du commandeur ? Qu'avons nous à gagner à montrer le coté obscur des figures mythiques, Ne devrait-on pas laisser à chacun sa part d'ombre ? La plasticienne répond et tranche sans ambages  ! NON , pas de compromis ou de compromissions ! Foin des tergiversations : Il faut  dire les choses telles qu'elles sont ! Louis Ferdinand Céline avait sans doute du talent mais le docteur Destouches était une saloperie ! Quant à l'individu que nous prenons bien garde à ne pas nommer, abandonnons le à son triste sort et laissons le...crapoter !!!!!

 

Futures grenouilles de bénitier 

Jean-Pierre Jeunet est né à Roanne mais il a passé une importante partie de ses jeunes années dans la capitale de la Lorraine. Il a longuement fréquenté ce même lycée où Emile Gallé avait quelques années auparavant poursuivi ses études. La fameuse héroïne de son plus célèbre long métrage, dans un enchaînement de circonstances découvre derrière une plinthe descellée de sa salle de bain une vieille boîte métallique remplie de souvenirs cachés par un garçon qui vivait dans son appartement 40 ans avant elle. Fascinée par sa découverte, elle se met à la recherche de la personne maintenant adulte qui avait placé la boîte afin de la lui rendre tout en établissant un marché avec elle-même : si elle le retrouve et le rend heureux, elle consacrera sa vie à aider les autres, sinon, tant pis. Le coffret en question n'est autre qu'une boîte de bergamotes de Nancy ! Marie Pierre Fontaine nous propose cette fois un précieux réceptacle  tout aussi mystérieux et au moins aussi symbolique que celui d'Amélie Poulain. Avis aux amateurs....

 

Parco Savello

    Au XIVème siècle, la famille Savelli se fait construire sur L'Aventin, un château en transformant ainsi la colline en une forteresse inexpugnable. Les murs épais datant du Moyen Age cernent aujourd'hui le Parc Savello. Ce superbe jardin rectangulaire est très fréquenté car de son belvédère qui surplombe la rivière, on jouit d'un panorama splendide sur la ville : de la sinuosité du Tibre jusqu'à la basilique de Saint Pierre. Les orangers qui sont une des fiertés du parc ont été plantés en souvenir de Saint Dominique qui fonda ici son couvent. Marie Pierre Fontaine ne pouvait qu'être sensible au charme bucolique de cet endroit. Au contraire d'un ventre affamé, sa nouvelle galéjade est bien pourvue d'oreilles et semble attentive au moindre mouvement. Ce fier romain au regard effronté a des allures de cycliste transalpin. Fausto Coppi, Gianni Bugno, Gino Bartali, Francesco Moser sans oublier ce pirate de Pantani doivent bien s'amuser en contemplant leur sémillant compatriote. Comprenne qui peut....!!!

 

 

Inkredible

    Si certaines œuvres sont extrêmement complexes à décrypter, d'autres par contre sont très aisément décodables. La plus récente création de Marie Pierre Fontaine fait partie de cette dernière catégorie. Portant le joli titre d' " Inkredible ", cette "Galéjade" nous narre l'histoire d'un coup de foudre qui s'ancre dans la réalité. En effet, douée d'un talent inné n'ayant rien à envier à celui de Tarentino, quand un artiste de la trempe de Marie Pierre Fontaine nous raconte une histoire d'amour ce ne saurait  être une poulpe fiction. La plasticienne nous restitue l'atmosphère de l'instant crucial qui allait bouleverser à jamais la sainte quiétude d'un petit port breton. Même s'il y eu des gens marris lors de cet événement incroyable, la majorité de la population locale fut totalement médusée lorsque Cupidon d'un tir d'une rare habileté perça les cœurs des deux protagonistes. J'en veux pour pieuvre qu'aujourd'hui encore, à la veillée dans les chaumières, les fils et les filles que les octo génèrent continuent à parler à voix basse de la rencontre entre deux êtres que rien ne prédisposait à une aussi extraordinaire rencontre. Certes cela fit couler beaucoup d'encre mais au delà des mots ce qu'il convient de retenir c'est qu'il faut toujours dire merci aux surprises que l'existence nous réserve. Alors, MERCI, MERCI du fond du cœur, THANK YOU port rieur de la Bretagne qui sait accueillir en son sein de si belles amours....

 

Victor de la Musique

Tout commence vers 1880...Francis Barraud ( 1856 - 1924 ), un peintre anglais prend une photographie d'un jeune chien nommé Nipper dont le comportement folâtre l'amuse. Quelque temps plus tard, il retombe sur le cliché et décide de l'utiliser comme thème de sa prochaine toile. Le chien est représenté assis, la tête légèrement inclinée, comme plongée dans une écoute attentive. En 1899, le peintre finit par trouver un amateur pour ce tableau. L'acheteur en question est directeur de la Gramophone Company. La peinture se trouvait toujours accrochée aux murs du siège de l'entreprise lorsque celle-ci fut revendue à son principal concurrent. De cessions en restructurations, la boîte finit par tomber dans le giron de la Radio Corporation of America. En 1929, ce trust du marché de l'édition musical finit par absorber la Victor Talking Machine Company. Au " Victor " de Marie Pierre Fontaine également, il ne manque que la parole....

 

Faon la bise

Un  nouvel arrivant dans l'univers fabuleux de la fontaine.......ce bestiau est plutôt sympa et je retiendrais son nom pour me fendre la gueule et vous faire la bise plutôt que pour fendre la bise et vous faire la gueule....D'ailleurs, il faut prendre grand soin de ne pas confondre bise et brise ! C'est le pare-brise qui nous permet de fendre la bise ! c'est le R  qui fait la différence : facile de s'en souvenir car dans la brise il y plus d'air.....pour établir un lien avec nos contemporains d'outre atlantique, fend la bise ou fend le vent ( au Quebec ) prend une tout autre connotation : cela qualifie une personne dont la démarche dénote la prétention ! un fend la bise est un individu qui prend des airs arrogants...bravo le super héros et c'est à ce moment que les chauves sourient......

 

Lu des Baskerville

Avant que de laisser libre cours à son imagination débridée, Emile Gallé a tenu à maîtriser tous les outils technologiques à sa disposition. Il s'est livré à de nombreuses expérimentations dans des domaines  aussi variés que  la céramique, la verrerie ou le mobilier. En véritable Sherlock Holmes, il s'est astreint à redécouvrir tous les secrets de fabrication des civilisations anciennes et ce depuis la plus haute antiquité. Parallèlement, il a exploré bon nombre de cultures notamment extrême orientales. Ce véritable travail de détective lui a permis d'acquérir un socle de connaissances techniques et artistiques à partir desquelles il a su s'exprimer pleinement dans un style qui lui est propre et demeurant reconnaissable entre tous. Marie Pierre Fontaine dans sa série des "Galéjades" fait montre d'une même curiosité sans limites et œuvre après œuvre, elle poursuit son exploration grâce aux singuliers personnages qui viennent étoffer son impressionnante galerie de portraits. Le nouveau venu  répondant au nom de " Lu " tout en adressant un clin d'œil à Conan Doyle nous invite à venir faire sa connaissance ...l'occasion nous en est offerte 10 au 13 avril à l'Imprimerie 35 rue Bretonneau à Tours. 

 

Gordon Bennett

 Si selon Antoine Houdar de La Motte l'ennui naquit un jour de l'uniformité, l'imagination et la créativité foisonnantes de Marie Pierre Fontaine nous garantissent contre toute monotonie. Une nouvelle fois la plasticienne vient nous surprendre dans un registre où l'on ne l'attendait pas ! L'énigmatique lagomorphe Gordon Bennett nous couve de son regard hypnotique et son pelage sombre contraste singulièrement avec la coupe et la blondeur d'une Jean Seberg s'époumonant à proposer la dernière édition du New York Herald Tribune. La créatrice tourangelle, loin d'être à bout de souffle, nous propose de découvrir un nouveau personnage étonnant qui vient faire écho à certaines héroïnes ayant excellées dans l'art de s'envoyer en l'air....Marie Marvingt et Amélia Earhart  sont là pour en témoigner !  D'autres léporidés ont pu, par le passé,  laisser quelques empreintes dans le jardin extraordinaire où aime à trainer l'artiste mais aucun de ces petits mammifères n'avait l'aplomb et l'excentricité de cet autocrate flamboyant...

 

 

Cyril

Dans quelques jours nous allons célébrer les vingt ans d'un ultime et surprenant voyage parti de Cobourg pour rallier Saint-Pétersbourg. Cet épisode n'est qu'un rebondissement de plus dans la vie tumultueuse d'un étrange personnage : Cyrille Vladimirovich de Russie. Cet altier aristocrate avait vu le jour à Tsarkoïe Selo le 12 octobre 1876 cependant, peu désireux de souffler une nouvelle bougie, c'est bel et bien à Neuilly sur Seine qu'il rendit son dernier soupir le jour même de son 62 ème anniversaire. Marie Pierre Fontaine,  complétant son étincelant bestiaire, nous invite à faire avec elle la tournée des grands ducs ou du moins celle de ce grand duc, contre amiral de la marine impériale. Est-ce son amour pour la Bretagne qui a conduit la plasticienne à s'attacher à la destinée de celui qui, après s'être proclamé empereur de toutes les Russies en 1924, installa sa cour bien dérisoire dans le modeste village de Saint Briac près de Dinard ? Quoi qu'il en soit, Marie Pierre réussit une fois de plus à nous faire voyager en suivant les traces de ce personnage historique incroyable aussi fantasque que haut en couleurs...

 

Moïse   (en l'honneur des 20 ans de Romain)
Celui que Thomas d'Aquin considérait comme une des sommités intellectuelles de son temps se nommait Moïse ben Maïmon et avait vu le jour à Cordoue en 1138. Son poste de médecin attitré du fils de Saladin lui permit d'acquérir une formidable notoriété mais cela n'empêcha nullement son cabinet de demeurer ouvert à tous : juif, chrétien ou musulman, riche ou indigent. Maïmonide prônait une conception expérimentale, clinique avant la lettre de la médecine. Bien qu'instruit des théories et pratiques de ses prédécesseurs il ne se fiait pas aveuglément à l'enseignement reçu et, n'hésitant pas à toujours douter des remèdes établis, il affirmait vouloir se remettre en question devant chaque affection et chaque patient. En réalité,  Moïse Maïmonide était un humaniste à l'esprit original désirant se libérer de toutes les contraintes et les superstitions héritées des différentes influences culturelles en Europe au Maghreb ou au Moyen Orient. Les principes hygiénistes qu'ils défendait peuvent sembler simplistes, et dictés par le bon sens, mais il n'en demeure pas moins que maintenir la santé de son corps par une approche de la modération n'est pas forcément une conception totalement desuète. Maïmonide écrivit un certain nombre d'ouvrages dans lesquels il ne cessa de recommander de manger et boire sans excès des mets digestes, de quitter la table en ayant encore un peu faim, d'éviter les boissons trop fermentées, de modérer son activité physique et sexuelle et de n'utiliser les médicaments que de manière pondérée et graduelle. A l'instar d'un Averroès, Moïse Maïmonide est une figure incontournable du XIIème siècle. Doté d'une mémoire prodigieuse, d'une immense  érudition et d'une curiosité sans cesse renouvelée, ce personnage attachant se tint toute sa vie au service des plus humbles, dédaignant les plus grands honneurs en allant même jusqu'à refuser le poste de médecin personnel de Richard cœur de lion.

 

Swimming Poule  

Cette jolie poulette évoque irrésistiblement les gracieuses starlettes qui envahissaient les plages cannoises dans la seconde quinzaine de mai  à l'occasion du festival international du film en se faisant mitrailler par les objectifs des premiers paparazzi. Digne héritière des pin up girls voyageant dans les paquetages des G.I, notre sexy gallinacée incarne la jeunesse dans son insolente beauté triomphante et se montre aussi ingénue que provocante.  "Swimming poule" déborde de charme et de féminité, elle affiche sans complexe la perfection de sa plastique en fleurant bon l'iode et les embruns. Icône intemporelle  cette nouvelle création de Marie Pierre Fontaine est une incontestable réussite, une remarquable galéjade colorée, chatoyante et pleine de vie.

  

Comtesse Greffulhe  

Aux antipodes des grandes cocottes et autres poules de luxe que furent les plus célèbres courtisanes de la belle époque, la comtesse Marie Joséphine Anatole Louise  Elisabeth de Riquet de Caraman-Chimay  fut une véritable égérie de l'intelligentsia parisienne de la fin du XIXème siècle. Marie-Pierre Fontaine a choisi de nous la camper en aristocratique gallinacée. De haute lignée et non de basse cour, cette nègre soie apparait aussi hiératique qu'inaccessible. Soyons reconnaissants à la providence qui nous accorde le privilège insigne que la muse à laquelle Gallé a maintes fois rendu hommage daigne jeter sur nous, pauvres vermisseaux que nous sommes, son regard condescendant. 

 

François-Félix

Curieusement, depuis plus de quarante ans, dans un jardin Nancéien créé en 1903 à l'arrière d'un immeuble implanté comme tous ceux de la rue des Bégonias sur les terrains de François Félix Crousse,  s'est étrangement  acclimatée une bien mutine tortue. Marie Pierre Fontaine nous la présente au naturel, sans ornement superfétatoire en soulignant la magnificence de cette créature venue du fond des âges. La plasticienne nous offre ainsi l'opportunité de découvrir la personnalité du formidable obtenteur, proche ami d'émile Gallé et dont on continue aujourd'hui , plus d'un siècle après, à admirer les innombrables variétés de pivoines, d'orchidées ou de bégonias tubéreux.

 

 

Fleurs des Indes

Bien qu'il ait véritablement révolutionné le vocabulaire décoratif de la fin du XIXème siècle, Emile Gallé témoigna tout au long de sa vie d'un plus profond respect pour le registre ornemental en usage dans les plus prestigieuses manufactures faïencières de l'est de la France. Comme la brindille ou le barbeau, le décor de " fleurs des Indes " fut un classique des créations de Strasbourg, de Nidervillers, de Lunéville ou de Saint-Clément. A son tour, Marie Pierre Fontaine perpétue la tradition en nous offrant la vision exotique que cette dénomination de "fleurs des Indes" a fait naitre sous la forme d'un séduisant félin enturbanné.

 

Léon

Jules Léon Simon est issu d'une très ancienne famille de jardiniers de Metz, en activité depuis 1769. Spécialiste des roses, il a choisi de s'installer à Nancy après l'annexion allemande. Il est élu président de la Société Centrale d'Horticulture de Nancy dès sa création en 1877 et président de la Société des Rosiéristes Français. A l'occasion de son départ de la société en 1901, Jules Léon Simon reçoit une exceptionnelle verrerie réalisée par Emile Gallé. La coupe tire son thème d'une rose très particulière. Gallé choisit en effet la Rosa Gallica . Selon la tradition, cette fleur ne peut s'épanouir en Lorraine que sur le Mont Saint-Quentin près de Metz, qui se trouvait alors en territoire annexé. Marie pierre fontaine nous en restitue élégamment le message symbolique patriotique et historique.

 

Takashima  

Tokuso Hokkai Takashima, membre fondateur de l'école de Nancy est un peintre, ingénieur et botaniste japonais né en 1850. Fils de médecin appartenant à la caste des samouraïs, il reçoit une éducation très traditionnelle. Parcourant le Japon pendant sept ans pour en étudier la flore et l'agriculture accompagné d'un peintre, Takashima est envoyé en Écosse puis à Nancy par le ministère de l'agriculture du Japon pour y suivre les cours de l'école forestière de 1885 à 1888.Takashima se liera d'amitié influençant nettement Louis Hestaux ,René Wiener,Camille Martin et particulièrement Emile Gallé  très sensible à l'art japonais. Marie Pierre Fontaine par le biais d'une spectaculaire carpe Koï nous propose de saluer cet artiste délicat doué d'une érudition et d'un talent hors du commun.

 

Jean Frédéric Godefroy Lillich  

Dans le film " Le fabuleux destin d'Amélie Poulain ", c'est dans une vieille boite de bergamotes que l'héroïne découvre les souvenirs d'enfance d'un petit garçon....ce sont ces mêmes bergamotes que Marie Pierre Fontaine évoque à travers la figure emblématique de l'inventeur de la fameuse spécialité nancéienne : Jean Frédéric Godefroy Lillich.    Tout comme un verrier étale sa paraison sur un marbre afin de l'enduire de poudres d'oxydes colorées, le confiseur lui aussi se doit de couler son sucre parfumé sur le marbre afin de pouvoir le travailler subtilement dans un laps de temps des plus limités. Lillich exerçait ses activités dans la commerçante rue du pont Mouja. Coupant  cette même rue du pont Mouja se trouvait la rue de la faiencerie et à l’angle face au marché  se situait l'immeuble d' un autre illustre nancéien...Son nom ? Vous l'aurez sans doute deviné ! Il s'appelait Emile Gallé......

 

Goutière -Vernolle 

Proche cousin des bouledogues de Gallé, ce fier matelot embarqué dans l'aventure de L'Etoile de L'Est a incontestablement....du chien !  Même si son patronyme demeure inconnu du plus grand nombre, Emile Goutière-Vernolle n'en demeure pas moins une figure incontournable de l'école de Nancy. Marie-Pierre Fontaine, comme d'habitude, nous brosse le portrait d’un personnage savoureux, insolent et plein de mordant  méritant grandement d'être redécouvert.

 

Zéphirine   

Zéphirine n'est pas une créature mythologique mais plus prosaïquement, le nom donné à sa bicyclette par l'extraordinaire héroïne que fut Marie Marvingt. Ce personnage incroyable auquel Marie Pierre Fontaine rend un émouvant hommage était une femme remarquable qui n'a malheureusement pas dans la mémoire collective la place qu'elle mérite...à vous aujourd'hui d'aller à sa rencontre...

 

Chahut et Rigodon   

Ne sont ils pas cocasses ces fêtards fatigués, ces piliers de bals costumés, ces carnavaleux harassés....Qui n'a pas vu les foules des ducasses ou des kermesses inondées de cotillons, de serpentins et autres confettis ne peut en savourer le sel...Ils sont pourtant tellement émouvants, si désespérément...humains...!!!!!

 

Jean Bourgogne, l'escargot des vignes   

Si l'on connait l'escargot de Bourgogne, l'on peut cependant ne pas immédiatement établir le lien entre le gastéropode et l'inspirateur de la série des Galéjades...Jean Bourgogne est le nom du petit fils d'Emile Gallé, la figure majeure de l'école de Nancy, l'artiste et poète naturaliste qui semble tant inspirer Marie Pierre Fontaine....

 

Un des frères Tétard

Grenouilles et crapauds doivent bien s'amuser à voir ce que devient leur progéniture après qu'elle se soit abreuvée à l'eau de la Fontaine...l'imaginaire fécond des créateurs de l'école de Nancy était parfois sublimé par des collaborations inattendues...Certaines verreries d'Emile Gallé bénéficièrent de monture en métal précieux signées par les plus prestigieux orfèvres....les frères Tétard étaient de ceux là.......

 

Docteur Cantacuzène    

On laisse le soin aux curieux de se renseigner sur la biographie du docteur Cantacuzène et de l'étrange destin de son aristocratique famille. Dans le droit fil de sa galerie de portraits liés au maître de l'école de Nancy, Marie Pierre Fontaine nous livre là, une œuvre forte et puissante qui ne peut laisser indifférent. Nul doute que le patient Emile Gallé y voit comme un singulier cousinage....

 

Princesse Bibesco   

Marie Pierre Fontaine qui continue son exploration du milieu culturel dans lequel évoluait Emile Gallé nous livre sa vision d'une des muses parisiennes de la fin du XIXème siècle: son altesse royale  la princesse Alexandre Bibesco née Costaki-Epureano mariée au frère du prince de Brancovan. Quiconque voudrait y voir une allusion à une personnalité française issue de l’aristocratie roumaine se tromperait lourdement, la plasticienne se contente d’ajouter un épisode dans sa narration de la grande saga du maître de l’école de Nancy. 

 

Mon cher  Président   

Emile Gallé est essentiellement connu du grand public comme un prodigieux verrier. On ignore cependant qu'il fut également un incroyable créateur de mobilier mais aussi un céramiste des plus étonnants. Son invraisemblable bestiaire de faïence a su aiguiser la curiosité de Marie Pierre Fontaine et les récentes créations de la plasticienne sont des témoignages de l’admiration portée à l'œuvre du président  fondateur de l'Ecole de Nancy.

 

Mange-disque   

Le mange-disque a été l'un des jouets  fétiches des enfants de la fin des années 1960. Cet électrophone portable sur lequel seuls les 45 tours étaient compatibles est devenu un objet culte symbole de la société de consommation. Marie Pierre Fontaine nous livre sa version de ce symbole de vampirisation issue des débuts de notre société de consommation.

 

Julio l'Ecclésiaste 

la sortie en 2008 du nouvel opus de la saga hollywoodienne des aventures d'Indiana Jones fut l'occasion pour le grand public de découvrir l'existence des crânes artistiques des civilisations précolombiennes. La valeur symbolique d'un tel support n'a échappé à aucune culture et l'on trouve trace de crânes ornementés dans toutes les civilisations et ce depuis les temps les plus reculés. L'Europe n'échappe pas au phénomène et notre inconscient collectif est nourri de représentations allant du prince Hamlet aux vanités du XVIIème siècle. Marie Pierre Fontaine perpétue la tradition et nous offre sa vision psychélédélique du trop fameux VANITAS VANITATUM.

 

Jack in the pulpit   /  Paul le Supion

les dualités qui naissent des juxtapositions forment les contrastes les plus singuliers. Marie Pierre Fontaine jette un pont entre la puissance  immuable du minéral et l'étrangeté d'un captivant personnage du fond des océans. Emanation fascinante de l'univers marin, ces sculptures associent inertie et mouvement, matité et brillance, sobriété et luxuriance et démontre artistiquement le triomphe de la vie sur la mort.

 

Nul souci de plaire

Nul souci de plaire est en fait le titre d'un fameux vase d'Emile Gallé dérobé le 28 avril 1985 au musée de l'Ecole de Nancy. Cette verrerie d'exception d'inspiration japonisante mettait en scène une grenouille et une libellule. Marie-Pierre Fontaine nous adresse un clin d'oeil batracien rempli d'humour et de tendresse mais qui l'air de rien proclame haut et fort sa farouche liberté fièrement revendiquée.

 

  

Balthazar ....ou le jour où Louis se fit la mal 

 

 

 

La jeunesse n'est pas une question d'âge ni encore moins une question d'état civil ! C'est une volonté farouche, un appétit sans cesse renouvelé de dévorer la vie à pleines dents, de jouer avec les idées, de moquer le sérieux du monde, de s'enflammer pour des projets, des rêves et des chimères... Quand on aime, on a toujours 20 ans ! et le secret tient en un seul mot : La Passion ! Tout doit être accompli sous l'égide de ce flot énergique, impétueux, tumultueux, . Ce temps n'est pas à la modération, l'indolence ou la tiédeur ! Lorsqu'elle sort de sa chrysalide, l'ancienne chenille n'a plus rien à voir avec ce en quoi elle s'est métamorphosée. La passiflore est bien la plante idéale pour que puisse éclore dans les meilleures conditions, cette nymphe appelée à devenir une 

Heliconius Hortense, le plus mystérieux des papillons ! Quoi qu'il en soit, il est indispensable de savoir conserver la fougue de ses jeunes années, les enthousiasmes d'un coeur battant la chamade, les ouragans dévastateurs d'un sang bouillonnant. En son printemps, celle qui, étymologiquement émerge du jardin est nourrie d'une sève riche et prometteuse des plus somptueuses floraisons. L'altier cheval de Balthazar porte fièrement le nom rendant hommage à qui l'a inspiré. Il est porteur de la myrrhe, cette précieuse résine qui soigne et qui guérit et qui est la promesse d'une résurrection permettant l'accomplissement du cycle de la vie comme des plus fameux destins. Fils des fidèles compagnons d'Agnodice ou de Trotula , le scintillant équidé arbore ostensiblement sa robe incomparable et ses plus beaux harnais.  Il brille de mille feux et piaffe d'impatience de pouvoir montrer au monde l'étendue de ses talents.

Nul souci de plaire  380 €